La Quebrada de las Conchas

Publié le par Jean-François

Quebrada de las ConchasLes couleurs de la Quebrada de la Conchas.

Lundi 21 septembre 2009.

Ce matin, rendez-vous a de nouveau été pris avec Patrick pour aller visiter la Quebrada de las Conchas, au sud de Salta, en direction de Cafayate. Le temps est exactement comme hier, magnifique ! En revanche, ce qui change, c'est la circulation dans Salta. En ce lundi, malgré l'heure très matinale, nombreux sont les Salteños qui se dirigent déjà vers leur lieu de travail, et cela créé des bouchons un peu partout. Nous réussissons malgré tout à nous extirper de l'agglomération, et attrapons à Cerrillos la nationale 68 qui nous mènera jusqu'à Cafayate, destination de notre escapade du jour. La route suit la vallée de Lerma, et est bordée de champs de tabac. De loin en loin, on aperçoit d'ailleurs des sècheries, fonctionnant aujourd'hui au gaz.

Après une soixantaine de kilomètres, nous apercevons à notre gauche l'immense lac de Cabra Corral, que j'avais déjà vu depuis l'avion. Les différentes municipalités que nous traversons sont en fait d'anciennes estancias, de gigantesques fermes qui comptaient chacune plusieurs dizaines de milliers d'hectares. Parfois, sur un chemin de terre, entre deux champs, nous apercevons un gaucho sur son cheval, totalement indifférent à ce qui se passe sur la grand route. Encore une cinquantaine de kilomètres, le long du Rio de las Conchas, et nous nous arrêtons pour faire le plein d'essence (il n'y aura plus aucune station avant Cafayate) ; nous en profitons d'ailleurs pour goûter à de délicieuses pâtisseries dans un parador. C'est notre dernier arrêt dans le "monde civilisé", nous allons enfin entrer dans l'univers minéral et sauvage de la Quebrada de las Conchas. Pourquoi ce nom ? En espagnol, concha signifie coquillage. Il peut paraître étrange de trouver des coquillages dans un endroit aussi éloigné de la mer. La raison en est que toutes les montagnes que nous allons voir sont en fait d'anciennes couches sédimentaires qui se trouvaient il y a des millions d'années au fond des océans, et que les forces telluriques ont fait surgir dans les airs. Dans cette Quebrada traversée par le Rio de las Conchas, on trouve ainsi des coquillages fossilisés qui lui ont donné son nom.

L'entrée dans la Quebrada se trouve à Alemania, un bien curieux village fantôme, aux allures surannées de "far west". Autrefois, au temps de la ligne de chemin de fer, c'était le terminus en venant de Salta. La gare est toujours là. Mais aujourd'hui, la ligne est fermée depuis belle lurette, et le village s'est vidé de ses habitants. S'y sont installées à la place quelques familles bohèmes, qui vivent de l'artisanat.

AlemaníaLe village fantôme d'Alemania, à l'entrée de la Quebrada.

AlemaníaLe pont sur le Rio de las Conchas.

A mesure que nous avançons sur la nationale 68, les montagnes changent d'aspect, elles deviennent de plus en plus colorées, et elles prennent des formes de plus en plus tourmentées.

Quebrada de las Conchas
La route est davantage encaissée qu'auparavant, nous somme bien dans une Quebrada.

Quebrada de las Conchas
Un panneau de l'office provincial du tourisme signale au visiteur l'anfiteatro (l'amphithéâtre). Il s'agit d'une faille d'effondrement qui a pris une forme presque parfaitement circulaire. A l'intérieur, l'accoustique y est d'une qualité exceptionnelle, certains orchestres locaux de grand renom - tels les Chalchaleros - s'y sont d'ailleurs produits. Il n'en fallait pas davantage pour qu'on donne à ce lieu le nom d'anfiteatro.

Quebrada de las ConchasL'anfiteatro.

Quebrada de las Conchas




Quebrada de las Conchas

























On l'aura compris, la Quebrada de las Conchas est particulièrement aride. La seule végétation qui y pousse est concentrée autour des larges méandres que forme le Rio de la Conchas, et les arbres y sont pratiquement inexistants.

Quebrada de las ConchasL'un des rares arbres de la Quebrada de las Conchas, plutôt rabougri...

Quebrada de las ConchasSur cette photo, on remarque que les strates géologiques sont très inclinées.

Quebrada de las Conchas

























Les méandres du Rio de las Conchas à Tres Cruces.
Quebrada de las Conchas

























Quebrada de las Conchas
Quebrada de las Conchas
Quebrada de las Conchas
Durant des millions d'années, l'action conjuguée de la tectonique des plaques et de l'érosion a donné aux montagnes des formes particulièrement spectaculaires, qui ne sont pas sans rappeler celles des canyons de l'Ouest des Etats-Unis.

Quebrada de las Conchas
Quebrada de las Conchas

























Quebrada de las Conchas

























Quebrada de las Conchas
Quebrada de las Conchas
Bien rare est la présence humaine dans cet environnement particulièrement hostile. Il est toutefois possible de rencontrer ici ou là un paysan au visage buriné, au hasard du chemin...
Quebrada de las Conchas
Quebrada de las Conchas
La nationale 68 traverse des paysages magnifiques, et rencontre parfois, au détour d'un virage, un massif montagneux aux couleurs extraordinaires.

Quebrada de las Conchas
Quebrada de las Conchas
Quebrada de las Conchas
Quebrada de las Conchas
En fin de parcours, en arrivant en vue de Cafayate, les massifs rocheux prennent parfois des formes vraiment insolites.
Quebrada de las ConchasLos castillos (les châteaux).

Quebrada de las ConchasLa ventana (la fenêtre).

Et nous arrivons finalement à Cafayate, ville de 10.700 habitants, située au pied du Cerro Isidro, à 1.700 m d'altitude. C'est l'un des principaux centres viticoles de l'Argentine, le deuxième après Mendoza. On y produit un excellent vin blanc très sec, le torrontés. La localité est organisée autour de la Plaza San Martin, où s'élève la cathédrale Nuestra Señora del Rosario (fin XIXe siècle).
CafayateLa Plaza San Martin de Cafayate. A l'arrière plan, le Cerro Isidro.

CafayateLa cathédrale Nuestra Señora del Rosario.

bodega-cafayate.jpgL'une des bodegas (exploitations viticoles) de Cafayate, sur la route de Salta, au pied des Andes...

Avant un copieux déjeuner dans l'Avenida General Güemes, constitué d'un énorme et délicieux bife de lomo - l'un des plus impressionnants que j'aie dégustés en Argentine - et d'une glace au dulce de leche (confiture de lait), je souscris à la traditionnelle visite d'une bodega (un domaine viticole), et goûte à cette occasion un bon torrontés. Dans l'après-midi, il est temps de remonter vers Salta, car la route est longue et tortueuse. Mais cela nous pemettra d'admirer une seconde fois toutes les merveilles que nous avons déjà vues ce matin.

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Publié dans Régions naturelles

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Lauren 04/06/2015 22:00

Bonjour
Vous aviez fait ce tour en étant en voiture ou en bus ? Merci !

Maedes 23/03/2010 22:56


Ohhh.... il n'y avait que deux bouteilles.... tu n'as pas fait trop d'excès!!!!
Le gaucho aussi aime le Malbec de Mendoza....
Je ne suis pas trop fan....
Je préfère le Syrah mais je me damnerais pour le Torrontès!!!!
Bon je file.... tango ce soir!!!!!


Jean-François 23/03/2010 23:22


Eh bien, c'était plus par obligation que par choix... Sais-tu que j'ai dû acheter une valise en catastrophe, le dernier jour à Buenos Aires, pour y ranger tous ce que j'avais acheté ? Alors dans
ces conditions, la caisse complète de torrontés n'était pas vraiment envisageable.

Bon tango, alors !


Maedes 23/03/2010 15:56


Et alors, as-tu goûté au Torrontés de Cafayate....????


Jean-François 23/03/2010 20:29


Oui, et c'est excellent ! J'y ai goûté sur place, dans une bodega, puis dans un resto de Salta. Et j'ai également rapporté d'Argentine deux bouteilles de torrontés de Cafayate, mais elles
sont déjà bues à l'heure qu'il est...

J'ai goûté à pas mal d'autres vins argentins ou chiliens. J'ai un faible certain pour le malbec de Mendoza.