Promenade le long du Río Paine

Publié le par Jean-François

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Les Cuernos del Paine vus du Puente Weber.

 

Lundi 5 octobre 2009.

 

Ce matin, je me suis levé de très bonne heure, et je me suis précipité à la fenêtre pour vérifier le temps : le soleil brille déjà sur le massif du Paine, et le ciel est très dégagé. Voilà une belle journée en perspective ! Après une rapide douche, je pars pour une courte promenade dans le parc.

 

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La belle lumière matinale fait briller l'herbe de la prairie qui se trouve près de l'hôtel. Il fait encore très frais, toutes les flaques d'eau sont d'ailleurs gelées. Non loin de là, je franchis le o Pingo par un pont suspendu et arrive à un chemin en sous-bois, dans la forêt de lengas (hêtres de Patagonie).

 

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  Chemin de sous-bois dans la forêt de lengas.

 

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La montagne vue du sous-bois.

 

De là, je débouche sur une sorte de presqu'île complèment cernée par le Lago Grey. Le soleil rasant du matin fait étinceler les icebergs qui y flottent. Tout autour, les montagnes dressent vers le ciel leurs silhouettes escarpées.

 

DSCN6640-bIceberg flottant sur le Lago Grey.

 

Et, au nord du lac, voici le Glacier Grey, le plus impressionnant du Parc avec ses 270 km2. Hier, en raison de la neige puis de la brume, je n'avais pu qu'en deviner l'emplacement...

 

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Le Glacier Grey.

 

 

Mais il est grand temps de regagner l'hôtel, où je dois prendre mon petit déjeuner puis partir en randonnée avec le guide. Celui-ci m'attend à l'heure dite, c'est-à-dire à 9h. J'emporte un panier-repas, car nous ne passerons par aucun lieu habité tout au long de cette journée. Nous partons vers l'est (à l'ouest, il n'y a que montagnes et glaciers infranchissables), et traversons le pont du o Grey, qui offre un point de vue sur le Paine Grande et les cimes enneigées qui surplombent le Glacier Grey : le spectacle est vraiment de toute beauté !

 

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Le o Grey.

 

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Les Cuernos

del Paine vus

du o Grey.

 

 

 

 

 

La piste mène assez rapidement au pont Weber, qui ouvre sur le o Paine et, au-delà, sur les majestueux Cuernos del Paine. Pics déchiquetés et eaux turquoise confèrent à l'ensemble du site une atmosphère presque surnaturelle. Est-on encore réellement sur terre ?

 

DSCN6702-bLes Cuernos del Paine vus du Puente Weber.

 

On resterait des heures à contempler ce paysage extraordinaire... Mais la journée ne fait que commencer, et il faut reprendre la route, ou plutôt la piste. Celle-ci longe maintenant le o Paine.

 

DSCN6759-bLe long du o Paine...

 

Et nous arrivons ainsi au Lago Pehoe. Autour d'une île reliée à la terre ferme par une frêle passerelle, les eaux de ce lac sont du même bleu turquoise que le o Paine. A l'horizon, se dressent à gauche le Cerro Paine Grande (3.248 m) et à droite les pics acérés des Cuernos del Paine (dont le plus haut atteint 2.600 m). En langue tehuelche, Paine signifie bleu. On comprend pourquoi... C'est d'une beauté à couper le souffle !

 

DSCN6764-bLe Lago Pehoe. Entre le Paine Grande (à gauche) et les Cuernos (à droite) se trouve le Valle del Francés.

 

DSCN6781-bAutre aspect du Lago Pehoe.

 

En langue tehuelche, Pehoe signifie caché. Il est vrai que ce lac est complètement entouré de montagnes et de collines qui le dissimulent aux regards.

 

Non loin de là, le long de la piste, quelques guanacos nous dévisagent, sans manifester la moindre peur. Ils se savent protégés des braconniers dans l'enceinte du Parc, et ont appris à y vivre au contact de l'homme...

 

DSCN6801-b.jpgGuanacos près du Lago Pehoe.

 

De là, nous partons pour une randonnée qui va nous conduire au mirador de los Cuernos, l'un des plus beaux sites du Parc. Nous commençons par marcher à travers les épineux de la steppe qui, en ce printemps austral, sont colorés ici ou là par les fleurs rouges des neneos, un arbuste caractéristique de cette région méridionale de la Patagonie.

 

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DSCN6814-bLes Cuernos del Paine.

 

Nous arrivons bientôt à une gigantesque chute d'eau appelée le Salto Grande del Río Paine. Ici les eaux turquoise du Lago Nordenskjöld, que nous verrons plus tard, se déversent avec fracas dans celles du Lago Pehoe. Cette vision est tout simplement paradisiaque...

 

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Le Salto Grande

del o Paine.

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Les eaux se

déversent dans

le Lago Pehoe.

 

 

 

 

 

 

Et, cerise sur le gâteau, un magnifique arc en ciel s'est formé au-dessus de la chute !

 

DSCN6857-bArc en ciel au-dessus du Salto Grande.

 

L'endroit est absolument sublime, d'autant qu'en cette saison de l'année, le Parc est pratiquement vide de visiteurs. Suprême privilège que de disposer pour soi tout seul de cette nature de commencement du monde... On dit souvent du Parc Torres del Paine qu'il est le plus beau de toute l'Amérique du Sud, je crois bien que c'est vrai !

 

DSCN6881-bLe o Paine, le Lago Nordenskjöld et, en toile de fond, le Paine Grande. Un vrai paradis sur terre !

 

Nous poursuivons notre randonnée sur un chemin parfois escarpé, qui longe puis domine le Lago Nordenskjöld.

 

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Et nous arrivons enfin au mirador, face au Paine Grande et aux Cuernos, seulement séparés d'eux par le Lago Nordenskjöld.

 

DSCN6975-bBaigné par les eaux du Lago Nordenskjöld, voici le Paine Grande.

 

DSCN6949-bEt, un peu en contre-jour, voici maintenant les Cuernos.

 

Près de ce mirador se trouve une petite montagne que nous escaladons pour avoir une vue encore plus élevée sur le Lago Nordenskjöld. C'est alors que se produit un événement totalement imprévisible : un énorme grondement s'élève soudain dans le silence du parc, et le guide me crie : ¡ Mira, una avalancha ! (regarde, une avalanche !). Je me retourne, et je vois un énorme paquet de neige s'effondrer le long des parois abruptes du Paine Grande. J'ai juste le temps de prendre une photo, pour immortaliser l'instant.

 

DSCN7014-bUne avalanche sur le Paine Grande.

 

Après ce spectacle inouï, nous continuons notre ascension, et arrivons au sommet de la montagne. Le panorama sur le Lago Nordenskjöld y est absolument magnifique.

 

DSCN7002-bPanorama sur le Lago Nordenskjöld, en regardant vers le sud.

 

Ce sentier finissant en cul-de-sac, il nous faut le reprendre dans l'autre sens, ce qui nous permet de revoir une seconde fois tous ces splendides paysages. Arrivés à la voiture, nous reprenons la piste en direction du Mirador Nordenskjöld, où nous arrivons au bout de quelques kilomètres.

 

DSCN7025-bLe Paine Grande vu depuis le Mirador Nordenskjöld.

 

Nous y avons un magnifique point de vue sur le Lago Nordenskjöld et le massif du Paine Grande. A cette heure de la journée (nous sommes déjà en début d'après-midi), les Cuernos del Paine sont en revanche complètement en contre-jour. A ma grande surprise, un renard de Patagonie est couché au bord de la piste, en plein soleil. A notre approche, il se tient certes sur ses gardes, grogne même légèrement, mais ne se sauve pas ! Il est curieux de constater combien les animaux de ce Parc sont peu farouches. J'en aurai de nombreux autres exemples par la suite.

 

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Nous pousuivons notre chemin en longeant le o Paine, qui est en fait le fil conducteur de toute notre journée de promenade. C'est en effet le cours de cette rivière que nous remontons depuis ce matin, les lacs Nordenskjöld et Pehoe n'étant en réalité que des élargissements ponctuels de son lit. Et nous parvenons ainsi au secteur de Puente Kusanovic. D'ici, nous pouvons admirer le troisième élément essentiel du massif du Paine : après le Paine Grande et les Cuernos, voici maintenant les fameuses Torres del Paine (Tours del Paine), gigantesques aiguilles de granite qui ont fait rêver des générations d'andinistes, et ont donné leur nom au Parc.

 

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Les Torres del Paine.

 

Elles sont au nombre de trois : de gauche à droite, on reconnaît la Tour sud (2.650 m), la Tour centrale (2.600 m) et la Tour nord (2.600 m). Dans leur prolongement, à droite, se trouve le Cerro Nido de Cóndores (Mont Nid de Condors, 2.248 m). Le massif montagneux de gauche est le Cerro Almirante Nieto (2.640 m) ; celui de droite est le Cerro Paine (1.508 m).

 

Nous allons maintenant renonter le cours du o Paine jusqu'à la cascade qui porte son nom, la Cascada Río Paine. Voici encore un endroit extraordinaire, où l'on peu savourer d'un seul coup d'oeil le spectacle des eaux bouillonnantes de la cascade et, dans les lointains, des Torres del Paine.

 

DSCN7115-bLa Cascada o Paine.

 

En aval de cette cascade, la rivière a creusé de profondes gorges qui s'en vont en zigzagant sur des kilomètres jusqu'au Lago Nordenskjöld.

 

DSCN7076-bLes gorges du o Paine.


Notre journée s'achève - le soleil de ce début de printemps austral commence déjà à décliner -, mais il nous reste encore à voir la Laguna Amarga, depuis laquelle il y a un magnifique point de vue sur les Torres del Paine.

 

DSCN7134-bLe Cerro Almirante Nieto et les Torres del Paine vus depuis la Laguna Amarga.

 

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Sur le chemin du retour, nous croisons encore des animaux au hasard de la piste, notamment des choiques (nandous de Darwin).

 

DSCN7152-bUn nandou de Darwin.

 

Sur un lac (je ne sais plus lequel, il y en a tant !), nous avons la chance d'observer quelques flamants roses, encore peu fréquents en cette saison.

 

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Sur les rives de ce lac, on peut également voir un guanaco et un couple de caiquenes ou bernaches de Magellan...

 

Et avant de rentrer à l'hôtel, nous jetons un dernier coup d'oeil sur le Salto Chico du o Paine, en aval du Lago Pehoe. Le soleil est déjà très bas.

 

DSCN7184-bLe Salto Chico du Río Paine. A l'arrière plan, l'imposant  massif du Paine Grande. 

 

DSCN7211-b.jpgLe soleil se couche derrière les Cuernos del Paine.

 

Le soir, je retrouve le guide à l'hôtel et, autour d'un verre de pisco sour (le cocktail national au Chili), nous faisons le point, cartes topographiques à l'appui, de toutes les merveilles que nous avons vues au cours de cette extraordinaire promenade de quelque 145 km. Demain, je passerai une grande partie de la journée à découvrir et admirer d'autres merveilles du Parc national Torres del Paine. Mais ce sera l'objet du prochain article de ce blog.

 

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Publié dans Parcs nationaux

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