Mendoza, au pied de la cordillère des Andes

Publié le par Jean-François

Calle Buenos AiresLa calle Buenos Aires, à Mendoza.

Mercredi 23 septembre 2009.

Cette fois ça y est, j'ai quitté Salta et le NOA, non sans une pointe de regret ; l'après-midi d'hier a été consacré à mon vol de retour à Buenos Aires. Ce matin, un taxi est venu me chercher à l'hôtel à 4h20 (!), à l'heure où les fêtards portègnes rentrent quelque peu émêchés de leur folle soirée. C'est que même en pleine semaine, on sait s'amuser à Buenos Aires ! Le chauffeur de taxi a les cheveux luisants de gel, et cela sent vraiment très fort dans la voiture. J'entrebaille la vitre... Mais au moins il est à l'heure. Il me dépose à l'Aeroparque, l'aéroport des lignes intérieures. J'ai un vol à 6h20 pour Mendoza, à 1.000 km à l'ouest de la "capitale fédérale", presque à la frontière avec le Chili. Le jour se lève à peine au décollage, mais j'aperçois tout de même très bien les côtes de Buenos Aires et le Rio de la Plata. L'arrivée à Mendoza est somptueuse : le temps est très clair, et je vois la ville s'étaler au pied de la cordillère des Andes, dont les cimes sont enneigées. De l'autre côté de cette barrière naturelle, c'est le Chili !

ArrivéeMendoza, au pied de la cordillère des Andes.

Avec 850.000 habitants, le Gran Mendoza est la quatrième agglomération du pays. Bien que située aux pied des Andes, la ville n'est qu'à 703 m d'altitude. La renommée de la région tient avant tout à ses vignobles, sans doute les plus réputés de toute l'Amérique latine, notamment pour le malbec, un cépage rouge importé du Bordelais et du Quercy (Cahors), et qui a fait ici merveille.

Dès la sortie de l'aéroport, le ton est donné : la cordillère des Andes (le Cordón del Plata) est omniprésente, elle s'impose en permanence aux regards de tous... Ce qu'il y a de frappant, c'est que Mendoza semble vraiment être au pied du mur, son extension vers l'ouest paraissant impossible à cause de cette cordillère démesurée.

Cordon-del-Plata.jpgLe majestueux Cordón del Plata vu depuis la route de l'aéroport.

Autre point frappant, Mendoza est une ville oasis, située dans une région extrêmement aride. Un ingénieux système d'irrigation hérité des Amérindiens, les acequias, répartit efficacement les eaux du Rio Mendoza descendues des Andes. Ce qui a pour effet de transformer cette cité placée en plein milieu d'un désert en un vaste espace toujours vert et ombragé.

DSCN3298-b.jpgUne acequia, l'un de ces innombrables canaux d'irrigation
à ciel ouvert qui doublent chaque rue de la ville.

Aussitôt arrivé, et après avoir déposé mes bagages à l'hôtel, je me mets en quête d'une agence de voyages, pour y trouver une excursion vers la route des Andes, et notamment pour aller admirer l'Aconcagua, le plus haut sommet de tout le continent américain (6.962 m). Je me dis que venir ici sans avoir vu l'Aconcagua, ce serait un peu comme visiter Paris sans voir la Tour Eiffel... En fait, de nombreuses excursion en alta montaña sont proposées, le départ aura lieu le lendemain au petit matin. Ce sera le sujet du prochain article de ce blog.

Ce point étant réglé, je me consacre en toute quiétude à la découverte de la ville. Du passé colonial, il ne reste presque plus rien, les tremblements de terre (surtout celui, effroyable, de 1861) en ont eu raison... La ville a d'ailleurs légèrement changé d'emplacement, elle ne se trouve plus exactement là où elle avait été fondée en 1561. Elle a été reconstruite en 1863 sur les plans de l'urbaniste français Jules Ballofet (cocorico !). Le centre est constitué d'une vaste place principale, la Plaza Independencia, autour de laquelle se trouvent quatre autres places satellites, la Plaza Chile (nord-ouest), la Plaza San Martin (nord-est), la Plaza España (sud-est) et la Plaza Italia (sud-ouest). Ce sont autant de havres de paix, où les Mendocinos viennent profiter du climat particulièrement clément de la région. Allons voir ces différentes places en photos.

Plaza IndependenciaLa Plaza Independencia, le point le plus central de Mendoza.

Plaza Independencia











Près du jet d'eau,
on reconnaît le
drapeau de la
République
argentine.
Au fond, se profile
la précordillère
des Andes.






Plaza Independencia













De larges allées ombragées
permettent aux Mendocinos
de goûter des
instants de
quiétude
en
plein
centre-ville.



Plaza Independencia












Tous les jeunes
des écoles
semblent
se retrouver
sur la Plaza Independencia.








Plaza IndependenciaDe nombreux jets d'eau confèrent davantage de fraîcheur à la Plaza Independencia.

Plaza EspanaDe nombreux Mendocinos viennent s'y promener en famille.

Plaza ChileAu nord-ouest, voici la Plaza Chile et ses nombreux palmiers.

Plaza ChileMonument élevé à "l'amitié immortelle" entre le Chili et l'Argentine,
respectivement représentés par les libertadors O'Higgins et San Martin.

Plaza San MartinAu nord-est, voici maintenant la Plaza San Martin.

Plaza San MartinStatue équestre du général José de San Martin (1778-1850),
le grand héros argentin des indépendances sud-américaines.

Plaza EspanaAu sud-ouest, la Plaza España est caractérisée par de très beaux azulejos.

DSCN2858-b.jpgDétail d'un banc orné d'azulejos de la Plaza España.

Plaza ItaliaLe monument élevé à l'amitié italo-argentine de la Plaza Italia.

Plaza ItaliaMonument à l'ombre duquel quatre jeunes filles bavardent.

Plaza ItaliaCe monument rappelle que la nation argentine est composée
en grande part de descendants d'immigrants italiens.

Plaza ItaliaNaturellement, une Plaza Italia sans louve romaine ne serait pas crédible...

Toutes les rues de la ville sont bordées d'arbres, constituant de véritables voûtes de verdure, toujours dans le but de favoriser la fraîcheur, mais aussi dans celui de maintenir la stabilité du sol en cas de tremblements de terre. Ceux-ci sont nombreux, et tous les immeubles récents ont été construits en respectant les normes anti-sismiques. Partout, des panneaux rappellent d'ailleurs les consignes à suivre en cas de terremoto. Et pour éviter les catastrophes, la plupart des bâtiments sont bas (deux ou trois étages au maximum), ce qui confère à cette grande ville un aspect très humain.

Avenida EspanaL'avenida España, près de la basilique San Francisco.

Avenida Espana















Les rues sont
parcourues par
des trolleys...






Vieille voiture














... mais parfois
aussi par des
véhicules
hors d'âge !






Peatonal SarmientoA l'est de la Plaza Independencia se trouve le Paseo Sarmiento, rue piétonne et très commerçante où
il fait bon prendre l'air à la terrasse d'un café. Le "gratte-ciel" est l'edificio Gomez, datant de 1964.

Avenida EspanaUne fleuriste près de la basilique San Francisco, sur la calle Necochea.

Près de la Plaza San Martin se dresse la gigantesque basilique San Francisco, qui a été construite en 1875 en remplacement de l'ancienne église, détruite lors du séisme de 1861. L'église San Francisco, qui était un édifice jésuite datant de 1731, se trouvait à plus d'un kilomètre au nord-est de l'actuelle Plaza Independencia, comme tout l'ancien centre du Mendoza colonial.

Basilique San FranciscoLa basilique San Francisco de Mendoza.

Vieux MendozaVoici tout ce qu'il reste de l'ancienne église San Francisco
et du Mendoza colonial d'avant le séisme de 1861...

A l'ouest de la Plaza Independencia, une large avenue bordée de restaurants puis de maisons huppées mène à l'immense Parque General San Martin. Ce parc de 354 ha a été créé en 1896 par un paysagiste français, Charles Thays (recocorico !). On y trouve notamment un lac, siège du très sélect Club de Regatas de Mendoza, un club hippique, un stade international de football, un zoo et même un vaste amphithéâtre en plein air. C'est un lieu de promenade très goûté de tous les Mendocinos. Son entrée est marquée par de splendides grilles en fer forgé.

Parque San MartinLes grilles en fer forgé du Parque General San Martin.

Parque San MartinDeux jeunes Mendocinas dégustent un maté au Parque General San Martin.

Mais le clou de ce parc, c'est sans doute le Cerro de la Gloria, qui domine toute la ville. A son sommet se trouve le monument élevé à la glorieuse Armée des Andes, menée par le général José de San Martin, qui obtint la libération du Chili puis du Pérou.

Cerro de la GloriaLe monument élevé à l'Armée des Andes, inauguré en 1914.

Cerro de la GloriaLa liberté brisant ses chaînes, portée par l'Armée des Andes...

Cerro de la GloriaUn moment de répit en haut du Cerro de la Gloria.

Cerro de la GloriaVue générale sur la ville de Mendoza, depuis le Cerro de la Gloria.

C'est sur le Cerro de la Gloria que s'achève cette visite de Mendoza. Le prochain article sera consacré à la mythique Ruta nacional 7, qui traverse les Andes jusqu'au Chili, en effleurant au passage le Cerro Aconcagua, le toit du Nouveau Monde...

Publié dans Villes

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l'irlandaise 01/05/2010 09:21


superbe panorama de la ville ! la luminosité des photos me fait penser à ce que j'ai pu observer en montagnes, ou dans l'ouest américain, superbes contrastes !
par contre, la voiture m'inquiète un peu, je ne monterais pas dedans !


Jean-François 01/05/2010 16:43



Eh oui, la luminosité et les cieux américains ont quelque chose de particulier, qu'on soit au nord ou au sud de l'équateur.


Les Argentins ont le don de faire "durer" les voitures... On y voit encore, y compris au fin fond des Andes ou de la Patagonie, de vieilles 2CV qui affichent plus de 500.000 km au compteur ! Mais
comme en Europe, les 4X4 rutilants sont en forte hausse, surtout dans les villes pionnières de la Patagonie.