Sur les eaux du fjord Última Esperanza

Publié le par Jean-François

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La lumière du fjord Última Esperanza.

 

 

Mercredi 7 octobre 2009.

 

Je suis arrivé hier en fin d'après-midi à Puerto Natales, petite ville chilienne située au bord du Pacifique, ou plus exactement en bordure du Canal Señoret, l'un de ces innombrables fjords qui caractérisent le littoral de la Patagonie australe chilienne. Mais je parlerai plus longuement de cette ville dans le prochain article de ce blog.

 

Ce matin, le temps est encore beau. Le ciel est légèrement voilé sur Puerto Natales, mais dégagé en direction du Pacifique. Ce qui tombe bien, puisque je dois y passer la journée, sur le fjord Última Esperanza. Il s'agit d'un vaste bras de mer d'une cinquantaine de kilomètres de long, qui prolonge le Canal Señoret et qui se termine en cul-de-sac au pied des Glaciers Balmaceda et Serrano, non loin du massif du Paine. Je suis le premier à arriver à l'embarcadère. Il fait vraiment très froid ce matin, malgré un vent plutôt modéré. Mais la lumière sur le Pacifique est superbe. J'ai toutefois un peu de mal à me sentir au Chili, tant tout cela ressemble à la Suisse, au Lac Léman... Le bateau est un yacht de 21 m nommé Alberto de Agostini, beaucoup plus petit que les énormes catamarans argentins. Nous ne sommes qu'une quinzaine de passagers au total, des Chiliens bien sûr, mais aussi des Brésiliens, un couple d'Américains et quelques Allemands ; comme d'habitude, je suis le seul Français. A l'intérieur, le chauffage laisse réellement à désirer. D'une façon générale, le tourisme est encore beaucoup moins bien organisé au Chili qu'en Argentine. Mais ce n'est finalement pas un mal... Le bateau lève l'ancre peu après 8h, nous voici partis pour une journée entière de navigation.


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Je fais un premier tour sur le pont du bateau, je suis presque le seul tant il fait froid. Au bout d'un quart d'heure, et malgré des gants, j'ai les doigts gelés, et les crevasses que j'ai depuis plusieurs jours se mettent à saigner. Mais cela n'a pas beaucoup d'importance, au regard des paysages magnifiques qui m'entourent. Je jette un coup d'oeil dans la cabine du capitaine. L'un de ses adjoints est en train de boire un bon maté bien chaud, coutume argentine assez largement répandue dans cette partie très méridionale du Chili. Je rentre quelques instants me mettre à l'abri du vent, et constate avec stupeur que le couple d'Américains dort !

 

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Vers 9h30, on nous sert un café bien chaud, accompagné d'un quatre-quart. Les Américains se réveillent... Voilà en tout cas une collation qui est la bienvenue, et qui me réchauffe enfin !

 

A mesure que le bateau s'enfonce dans le fjord, les montagnes semblent se rapprocher et devenir de plus en plus élevées. Cette impression est renforcée par l'apparition de falaises impressionnantes, d'abord sur la rive sud du fjord puis des deux côtés.

 

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Au détour d'une de ces falaises, le Glacier Balmaceda apparaît soudain dans toute sa majesté.

 

DSCN7656-aApparition du Glacier Balmaceda.

 

A partir de ce moment, la bateau s'approche sans cesse, du glacier jusqu'à presque le toucher. Le spectacle est magique, d'autant que le temps est splendide et que la température est désormais beaucoup plus clémente. Du coup, la plupart des passagers sont sur le pont, mais le silence y règne, tant ce monstre de pierre et de glace en impose à tous...

 

DSCN7724-bLe glacier Balmaceda (2.035 m).

 

A mesure qe l'on s'approche du lit du glacier, on distingue de mieux en mieux les énormes blocs de glace bleutée qui descendent lentement vers le Pacifique. Le spectacle est féérique, magie des glaciers patagons...

 

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Tout autour, ce ne sont que falaises abruptes. L'une d'entre elles est fréquentée en permanence par une vingtaine de DSCN7686-bcondors des Andes. Nous aurons la chance d'en voir plusieurs, jusqu'à neuf à la fois ! Ils décrivent dans le ciel d'un bleu intense des cercles qui s'entrecroisent, en utilisant avec virtuosité les courants ascendants d'air chaud. Malgré l'altitude élevée à laquelle ils évoluent, on remarque que plusieurs d'entre eux sont d'une taille vraiment très impressionnante, ils dépassent très certainement les deux mètres cinquante d'envergure. Leur vol planant est toutefois extrêmement rapide, et sauf à disposer d'un zoom adéquat, il est hélas impossible de les photographier de façon satisfaisante. Tant pis, je me contenterai de graver ce magnifique moment dans mes souvenirs...

 

A certains endroits, de gigantesques cascades dévalent la paroi quasi verticale de la falaise, dans un bruit assourdissant. C'est également très impressionnant (voir ci-contre) !

 

Le bateau s'engage maintenant dans un bras d'eau situé au nord du Glacier Balmaceda, et continue imperturbablement à longer ces falaises. Après quelques minutes de manoeuvres, il accoste le long d'un ponton. Nous sommes au lieudit Puerto Toro, principale porte d'entrée du Parc national Bernardo O'Higgins, dont le Glacier Balmaceda fait d'ailleurs partie. Nous descendons du bateau, nous allons en effet emprunter un sentier qui conduit à un autre glacier, le Glacier Serrano, qui n'est pas visible depuis le fjord.

   DSCN7842-bPanneau d'entrée du Parc national Bernardo O'Higgins.

 

Le sentier a été aménagé le long d'une baie aux eaux turquoise, parsemées d'icebergs qui étincellent au soleil. C'est superbe !

 

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Le chemin est littéralement tapissé d'arbustes spécifiquement patagons qui, en ce printemps austral, sont tous en fleur ou présentent aux promeneurs leurs baies colorées.

 

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Et nous arrivons après quelques minutes de marche en vue du Glacier Serrano, qui déverse directement sa glace bleutée dans les eaux de la baie.

 

DSCN7955-bDSCN7900-bDSCN7874-bLe Glacier Serrano.

 

Nous retournons au ponton où nous attend notre bateau. Et nous voilà repartis pour Puerto Natales.

 

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Non loin du Glacier Balmaceda, devant lequel nous repassons, une trouée entre les montagnes permet d'admirer la silhouette désormais familière du massif du Paine, distant d'une trentaine de kilomètres.

 

DSCN7731-cVus du fjord, de gauche à droite, le Cerro Paine Grande, les Cuernos del Paine et le Cerro Almirante Nieto.

 

DSCN7997-bSur le chemin du retour.

 

Nous continuons à bénéficier d'un temps superbe sur le chemin du retour. Sur le pont du bateau, il fait maintenant presque chaud ! On nous y sert un verre de pisco sour avec un peu de glace du Glacier Serrano... C'est un peu touristique, mais ce n'est pas désagréable.

 

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Et nous nous arrêtons dans une estancia au bord du fjord pour déjeuner. Il est déjà un peu plus de 14h, ce qui constitue une heure tout à fait normale pour déjeuner en Argentine ou au Chili. Agneau al asador et vins chiliens sont au menu. Après ce bon repas, je fais un petit tour dans l'estancia.

 

DSCN8034-bLes bâtiments de l'estancia.

 

DSCN8042-bFace à ces bâtiments, le fjord...

 

DSCN8045-bUn cheval patagon.

 

Et voilà, notre journée de navigation sur le fjord Última Esperanza s'achève, même s'il nous reste encore presque deux heures de bateau pour regagner Puerto Natales, où nous arriverons aux alentours de 17h.

 

DSCN8044-bEn route pour Puerto Natales.

 

Ce qui s'achève également, c'est mon séjour en Patagonie... Demain soir, je serai en effet à Punta Arenas, d'où je prendrai un avion pour Santiago du Chili, à quelque 2.500 km plus au nord. Le prochain article de ce blog sera justement consacré aux deux villes de Puerto Natales et de Punta Arenas, ultimes étapes de mon voyage en Patagonie australe.

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Publié dans Parcs nationaux

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