Salta, au coeur du Nord-Ouest argentin

Publié le par Jean-François

DSCN1255-bL'église San Francisco de Salta, et son étroit parvis.
La statue de saint François date de 1926.


Samedi 19 septembre 2009.

Nous poursuivons notre visite de Salta, en nous écartant cette fois un peu de la Plaza 9 de Julio. Non loin de cette place, à l'est, se dresse l'église San Francisco, toute de rouge et or vêtue, chef-d'oeuvre de l'art néoclassique latino-américain. Son apparence actuelle est due à d'importants travaux de rénovation menés de 1868 à 1873. Cette église est malheureusement insérée dans un tissu urbain assez dense, et ne dispose que d'un minuscule parvis, ce qui fait qu'il est plutôt délicat de la photographier dans son ensemble, par manque de recul.

DSCN1433-bL'un des portails de l'église San Francisco.


En 1882, un campanile latéral haut de 54 m. fut adjoint à cette église. Le tout forme un ensemble particulièrement spectaculaire, que certains qualifient de grandiloquent, mais que je trouve pour ma part d'un charme fou. Après tout, nous sommes en Amérique du Sud, c'est la terre de l'exubérance et du baroque, alors pourquoi bouder son plaisir ?

DSCN1430-bLe campanile, haut de 54 m., qui jouxte l'église San Francisco.

 

DSCN1428-bDétail du campanile de l'église San Francisco.

Après la visite de cette église, il me tarde de me faufiler dans les rues de la ville, pour en respirer l'ambiance si latino-américaine. Sur les trottoirs se croisent les Salteños et quelques touristes de passage, argentins pour la plupart ; en ce mois de septembre, c'est en effet la saison creuse et les touristes étrangers ne sont pas nombreux.

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On remarque surtout des jeunes venus de Buenos Aires, ou d'autres grandes villes du pays, pour assister à un récital donné à Salta le 19 septembre par el Indio Solari, une vedette emblématique du rock argentin.


La circulation est parfois intense, des véhicules hors d'âge côtoient de rutilants 4x4 directement importés du Japon.

DSCN1528-b.jpgLa calle Dean Funes, à Salta. Les montagnes environnantes sont omniprésentes.

DSCN1533-b.jpgL'avenida Caseros est l'une des principales artères de Salta.

DSCN1541-bUne curieuse enseigne en forme de note de musique...

DSCN1538-bCet entrelacs de fils électriques et téléphoniques est caractéristique de toutes les villes d'Amérique latine.

Partout de petites échoppes captent l'attention du passant, ici une pulpería (épicerie) ou là un kiosque à journaux.

DSCN1436-bCette petite pulpería de quartier sert également de buvette et de restaurant. On peut y déguster ces délicieuses empanadas, des chaussons fourrés à la viande, au poulet ou au fromage.

DSCN1558-b.jpgUn kiosque à journaux de la calle Alberdi, à l'angle de la Plaza 9 de Julio.

DSCN1494-bFaçade récemment rénovée donnant sur la Plaza 9 de Julio.

DSCN1499-bBalcon colonial, près du Cabildo.

Au hasard des rues, on s'aperçoit que les façades des maisons sont souvent surchargées de décorations de stuc. Les harmonies de couleurs sont parfois improbables, mais il s'en dégage au final une certaine harmonie. Et avec le bleu du ciel, tout est permis !

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L'une des attractions majeures de Salta, c'est le Cerro San Bernardo, colline qui domine la ville à 1.458 m. d'altitude. Les Salteños aiment s'y promener en fin de semaine, souvent en pique-niquant sur place. On peut y monter grâce à un téléphérique aménagé dans le Parque San Martin, à l'est de la ville. La queue d'attente est impressionnante - plus d'une heure entre l'achat du ticket et la montée -, mais la vue qu'on découvre du haut du Cerro San Bernardo mérite vraiment d'être patient.

DSCN1440-bLes minuscules "gondoles" du téléphérique ne peuvent recevoir que quatre personnes à la fois.

DSCN1806-bUne gondole gravit le Cerro San Bernardo. Le regard des occupants se porte vers la ville très étendue de Salta. On reconnaît, à gauche, le campanile élancé de l'église San Francisco et, sous la gondole, le dôme de la cathédrale-basilique.

Figuier barbarieSur les pentes escarpées du Cerro San Bernardo sont plantés de nombreux figuiers de Barbarie.

DSCN1821-bDu haut du Cerro, la vue s'étend sur toute la vallée de Lerma,
et n'est arrêtée que par les montagnes environnantes.

DSCN1819-bA cette hauteur, on prend mieux la mesure de l'immensité de Salta, et de son plan "en damier" propre à toutes les villes du continent américain.

DSCN1833-bPar temps clair, on distingue très bien le centre-ville de Salta depuis le Cerro San Bernardo. De gauche à droite, on reconnaît l'église San Francisco, le clocher du Cabildo, la Plaza 9 de Julio et la cathédrale-basilique signalée par son dôme. Au tout premier plan, à gauche, on aperçoit le couvent San Bernardo, qui ne se visite pas.

Redescendu en ville - après une nouvelle queue d'une heure ! -, je tombe sans m'y attendre sur un superbe spectacle de danses folkloriques, organisé en ce week-end sur la Plaza 9 de Julio. Zambas et chacareras, danses populaires dans toute l'Argentine, sont au rendez-vous ; mais aussi les bailecitos, cuecas norteñas, carnavalitos et gatos, beaucoup plus locaux. Je suis charmé par l'alliance de la musique et de la virtuosité des danseurs.

DSCN1860-bCes danseurs exécutent ici une zamba. Le foulard (pañuelo), c'est la prolongation du corps, il exprime tous les sentiments des danseurs. Il va caresser, inviter, envoyer et recevoir des baisers, exprimer l'amour (tous mes remerciements à Maedes pour ces précisions)

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DSCN1932-bA noter, les remarquables bottes de gaucho portées par ce danseur.
Le poncho magenta rejeté sur l'épaule est celui de la provincia de Salta.

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Après ce spectable totalement imprévu, je me dirige vers le remarquable Museo de Arqueología de Alta Montaña (MAAM). Y sont notamment conservés les corps congelés de trois enfants incas retrouvés en 1999 sur les hauteurs du volcan Llullaillaco, près de la frontière chilienne, à plus de 6.700 m d'altitude. Le froid, la faible pression atmosphérique et l'absence d'oxygène et de bactéries ont fait que ces trois enfants sacrifiés il y a quelque 500 ans sont dans un état de conservation exceptionnel. Ils sont exposés à tour de rôle dans une vitrine réfrigérée, j'ai personnellement vu la Niña al rayo, une fillette âgée d'environ six ans. C'est un spectacle bouleversant, le modelé du corps est parfaitement conservé, on a l'impression que la fillette va ouvrir les yeux. Et surtout, on ne peut pas s'imaginer qu'elle a 500 ans ! Comme il est  rigoureusement interdit de prendre des photos, je n'en présenterai pas sur ce blog ; j'ajoute que le MAAM ne semble pas disposer d'un site sur Internet.

Le soir, en rentrant à l'hôtel, je passe devant l'église San Francisco tout illuminée. Je ne peux m'empêcher de m'arrêter pour en prendre une photo.

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Située au coeur du Nord-Ouest argentin, la ville de Salta constitue un excellent point de départ pour découvrir la Quebrada de Humahuaca, au nord, ou celle de las Conchas, vers Cafayate, au sud. Ces visites feront l'objet des deux prochains articles de ce blog.

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Publié dans Villes

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philib 15/03/2010 23:13


Quel article et quel voyage ! les photos sont superbes et on a vraiment envie d'en voir plus après ça ! merci et bravo ! bonne soirée.
PS : je gère une communauté : Liberté photo et picturale
si tu veux venir nous rejoindre et y poster quelques images... c'est avec plaisir. bravo et bonne soirée, Philippe.


Jean-François 16/03/2010 09:21


Merci beaucoup !

Je vais tout de suite jeter un coup d'oeil sur la communauté que tu gères.

Bonne journée, et à bientôt.